Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
MONTCHANIN-BLANZY CANTON 71

MONTCHANIN-BLANZY CANTON 71

-actualités région de Montchanin Blanzy canton 71 associations locales annonces

Quand la presse s’attaque à la presse : une guerre "fratricide"

 

dijonscope.jpg

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Mardi 1er juin 2010.

 

 

Quand la presse s’attaque à la presse : une guerre "fratricide"

 

 

Chers confrères journalistes, rédacteurs en chef et directeurs de publication,

 

Premier quotidien régional d'informations à disposer du statut d’éditeur de presse en ligne, le journal indépendant dijOnscOpe a été assigné en référé mardi 1er juin 2010 à 9h, par les SA Le Bien Public et Le Journal de Saône-et-Loire (propriétés du groupe Ebra), au tribunal de grande instance de Nancy. En ligne de mire, la revue de presse du site bourguignon... A la veille de cette comparution, la directrice de publication de dijonscope, Sabine Torres, a organisé une conférence de presse à Dijon, accompagnée de son avocat, Maître Jean-Pierre Mignard, fondateur du cabinet parisien Lysias, et d'Edwy Plenel, président du journal en ligne Médiapart.fr. L'occasion d'expliquer le fond de l'affaire mais aussi de pointer du doigt des intérêts hautement économiques...

 

 

1er démenti : aucune prise de contact préalable

 

« Sans aucune prise de contact préalable pour essayer de discuter confraternellement de cette affaire », les SA Le Bien Public et Les Journaux de Saône-et-Loire, demandent 40.000 euros de dommages et intérêts à dijOnscOpe pour « contrefaçon » et « concurrence déloyale », assortis, si la direction n'obtempère pas, de 10.000 euros par jour et par article pour chaque article publié dans la rubrique « Revue du web » du pure player.

 

"Depuis quelques jours, ils nous accusent même sur le net de pillage et de vol d'informations, ce que nous réfutons bien évidemment, a souligné Sabine Torres, fondatrice et directrice de dijOnscOpe. Par la suite, Sabine Torres a souhaité réaffirmer avec la plus grande fermeté que la direction des deux publications n'a cherché à la joindre à aucun moment, ni par lettre ni par téléphone, avant de lui envoyer la lettre de mise en demeure avec AR (reçue le 29/04/2010) puis l’assignation en référé (reçue le 19/05/2010).

 

2ème démenti : aucune violation du droit d’auteur

 

Me Jean-Pierre Mignard, du cabinet Lysias, a évoqué de son côté la question de droit qui était posée, d’abord et avant tout le droit de la liberté de la presse : "Il est reproché un délit de contrefaçon, d'appropriation sans autorisation d'écrits de tiers, de violation des droits d'auteur. Le Bien public se place donc sur le terrain du droit patrimonial. Nous, nous nous situons sur un autre plan : celui qui dit, depuis 1881, que la presse et l'édition sont libres".

 

"Devant le juge, gardien constitutionnel des libertés, nous dirons que l'assignation qui est lancée porte atteinte à des droits et des libertés fondamentales, d'information et de communication. Nous ne nous plaçons donc pas sur un terrain marchand, que je ne méprise pas d'ailleurs, mais nous sommes des journalistes et un quotidien d'informations en ligne opposé à la direction d'un autre quotidien d'informations ; c'est donc une question de presse et d'informations, et donc de libertés", a argué l'avocat, ajoutant qu'il ne doutait pas que "la rédaction et les journalistes du Bien public sont également des défenseurs de la liberté de la presse".

 

3ème démenti : aucun détournement de référencement

 

Un des points de l'assignation porte plus exactement sur le bandeau de dijOnscOpe, en haut de page, qui prêterait à confusion. Photocopies à l'appui, l'avocat a démontré que le lecteur ne peut qu'identifier clairement qu'il se trouve sur le site du Bien public, cela même en présence du fameux bandeau. Pour Sabine Torres, le bandeau est à considérer comme un onglet "Retour à la page précédente". D’ailleurs, ce "frame" n'appellerait aucune nouvelle statistique en faveur de dijOnscOpe : « Le frame n'est absolument pas comptabilisé dans les statistiques et n'affiche pas de publicité ! »

 

Autre reproche : dijOnscOpe "volerait" des lecteurs au Bien public. Et pourtant... "Ils nous accusent de faire du détournement de référencement à notre profit mais il faut savoir que cette revue de presse représente à peine 2% de nos lecteurs le jour où elle est publiée. Donc s'il s'agissait d'augmenter le nombre de nos lecteurs, on voit bien que l'argument est sans fondement. Ce n'est pas avec cinq ou cinquante clicks supplémentaires par jour que nous allons augmenter le trafic global de dijOnscOpe [ndlr : le site affiche entre 2.800 et 3.200 visiteurs uniques par jour, plus de 5.000 pages vues]. Quant au reste de notre information, elle est 100% originale". Sabine Torres rappelle ensuite qu’en aucun cas elle ne vend les espaces commerciaux sur ces pages ; ils sont offerts par défaut aux annonceurs louant la Une, les rubriques Agenda ou Bonnes Adresses.

 

Edwy Plenel : « un procès injuste et irresponsable »

 

Edwy Plenel avait également répondu présent au titre de fondateur et président de Médiapart, "partenaire de dijOnscOpe depuis sa naissance", et en tant que secrétaire général du Syndicat de la presse indépendante d'informations en ligne (Spiil), dont les deux titres font partie. Il a soulevé ce qui pourrait bien être le fond de l'affaire : "Il existe un enjeu national dans cette affaire qui concerne la révolution industrielle que vivent les métiers de l'information. C'est un bouleversement d'une ampleur sans précédent. Nous savons bien qu'avec le numérique, c'est l'invention d'une nouvelle presse quotidienne qui est créée".

 

"Aujourd'hui, le procès intenté à dijOnscOpe est un procès injuste et irresponsable. Injuste, parce que la revue de presse est au coeur du partage de l'information. Un journal circule, il passe de main en main. Un journaliste a envie d'être reconnu et d'être cité par ses confrères, à la condition d'être sourcé et référencé. Ce procès est si injuste qu'il en est ridicule : faudrait-il faire un procès aux portails Yahoo, Free ? Au NouvelObs.com, à Slate.fr, à Médiapart.fr, à Rue89.com qui ont tous leur revue de presse ?". Et de rappeler plus tard que le meilleur moteur en presse restait "la compétition et la concurrence".

 

Médiation ou insurrection ?...

 

Cependant, l'avocat de dijOnscOpe s'est déclaré ouvert à la discussion : "Si le tribunal nous proposait un médiateur, je pense que nous y serions tout à fait disposés. S'il faut trouver des aménagements, qui ne portent pas sur l'essentiel, nous sommes tout à fait prêts à en discuter. La direction du Bien public parle de "pillage" : pour le criminaliste que je suis, ce mot a un sens. Il n'est utilisé dans le code pénal qu'à l'occasion de la description des faits qui sont commis lors de mouvements insurrectionnels. C'est donc un mot qui n'a strictement rien à voir avec dijOnscOpe, qui ne participe à aucune espèce d'insurrection sinon à celle de la liberté".

 

Plaidant d'ores et déjà sur une autre affaire mardi 1er juin, Me Mignard a demandé le renvoi du référé au mardi 29 juin 2010, qui a été accepté par les SA Bien Public et Journal de Saône-de-Loire.

 

Contact : Sabine Torres – Directeur de publication – 06 81 41 52 34 / sabine@dijonscope.com

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article